Quelles sont les orientations scolaires possibles pour les élèves en difficulté?
Texte d'Annie Lussier, orthopédagogue.
Au Québec, le système scolaire propose plusieurs approches pour répondre aux besoins des élèves qui éprouvent des difficultés d’apprentissage. Ceux-ci peuvent intégrer des classes régulières avec des adaptations, des classes spécialisées ou des écoles spécialisées.
Classes régulières avec des adaptations
Les classes régulières sont souvent adaptées pour soutenir les élèves présentant des troubles d’apprentissage. Les enseignants et enseignantes, tant au primaire qu’au secondaire, bénéficient aujourd’hui de formation continue pour mieux répondre aux besoins particuliers des élèves présents dans leurs classes. Divers aménagements sont offerts afin de favoriser la réussite scolaire de tous les élèves et de leur permettre d’atteindre les objectifs du programme scolaire régulier.
Parmi les mesures possibles, citons par exemple un soutien avec l’orthopédagogue de l’école à l’intérieur même de la classe ou en sous-groupe. Divers aménagements peuvent également contribuer à la réussite de l’élève: enseignement explicite, modelage (p. ex. en donnant plusieurs modèles pour que le jeune puisse s’y référer), aménagement des tâches demandées (p. ex. en les divisant en plusieurs petites tâches, en diminuant le nombre d’exercices répétitifs). De plus, des plans d’intervention sont souvent rédigés pour permettre à l’élève une extension du temps accordé, des outils pédagogiques personnalisés, des outils technologiques (p. ex. une tablette ou un ordinateur avec un logiciel d’aide à la lecture et à l’écriture). Dans la plupart des cas, ces mesures sont suffisantes pour permettre à l’élève de réussir en demeurant dans une classe régulière.
Classes spécialisées
La diversité des classes spécialisées est telle qu’il est pratiquement impossible d’en donner une définition unique et exhaustive. L’objectif principal est de trouver, dans sa région, l’environnement éducatif le plus adapté aux besoins particuliers de l’élève.
En général, on recommande des classes à effectif réduit, c’est-à-dire accueillant un nombre limité d’élèves. L’idéal est de trouver un milieu où l’enfant côtoiera des pairs ayant des enjeux semblables aux siens. Par exemple, il serait inapproprié d’intégrer un élève dyslexique-dysorthographique dans une classe regroupant des élèves présentant une lenteur intellectuelle ou des troubles du comportement.
L’équipe-école a la responsabilité de proposer aux parents les meilleures options possibles pour l’orientation de l’élève. Parallèlement, les parents sont encouragés à mener leurs propres recherches, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, afin de trouver un environnement scolaire qui favorise l’apprentissage de leur enfant et qui répond à leurs attentes.
Il est important de souligner que chaque situation est unique et mérite une attention particulière. La collaboration entre les professionnels de l’éducation et les parents est cruciale pour trouver la solution la plus adaptée aux besoins particuliers de l’enfant. Cette approche personnalisée permet de maximiser les chances de réussite scolaire et d’épanouissement personnel de l’enfant.
Le saviez-vous? | ||
Au Québec, il y a des classes et des écoles spécialisées pour les élèves qui présentent:
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Écoles spécialisées: une avenue prometteuse pour certains jeunes
Lorsque vient le moment de proposer à des parents d’orienter leur enfant vers une classe ou une école spécialisée, le professionnel ou la professionnelle doit le faire avec sensibilité et empathie. Pour certains parents, cette avenue peut être perçue comme un échec ou un obstacle pour l’avenir de leur enfant. Les professionnels doivent alors se rappeler que leur rôle est de rassurer et d’expliquer clairement que cette décision ne conduit pas à une impasse, mais représente plutôt une occasion d’offrir à l’enfant l’encadrement dont il a besoin pour s’épanouir pleinement.
Il est crucial de mettre l’accent sur les ressources supplémentaires disponibles dans ces milieux spécialisés et sur le fait que plusieurs de ces établissements permettent tout autant d’atteindre la diplomation, mais avec des approches adaptées et personnalisées. Un dialogue ouvert et transparent avec les parents permet de transformer cette décision en un choix éclairé et positif pour le développement de l’enfant. Cela permet au professionnel ou à la professionnelle de reconnaître les craintes des parents tout en montrant que la décision peut être porteuse de bénéfices.

![]() | Cet article est un extrait du livre Les troubles d’apprentissage: au-delà du diagnostic: comprendre le fonctionnement cognitif de l’enfant pour mieux l’accompagner, écrit par Marie-Josée Caron, neuropsychologue, et Annie Lussier, orthopédagogue. Bien plus qu’un ouvrage sur les troubles d’apprentissage, ce livre est un guide complet qui vous aidera à voir l’enfant avant le diagnostic, à comprendre son fonctionnement cognitif unique et à découvrir les leviers qui lui permettront de grandir, d’apprendre et de s’épanouir pleinement. |
![]() | ANNIE LUSSIER, orthopédagogue Annie Lussier est orthopédagogue depuis plus de 20 ans et fondatrice de la Clinique Apprendre! Diplômée en adaptation scolaire et sociale de l’UQAM, elle œuvre auprès des jeunes ayant des défis d’apprentissage. Elle est également conférencière aguerrie (CENOP) et conceptrice de plusieurs applications et jeux pédagogiques |



