Stressante, la rentrée?

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Publié le 10/07/2017
10/07/2017
Pourquoi l’école fait-elle peur? Et surtout, que faire pour aider notre enfant à surmonter ce stress non seulement lors de la rentrée, mais tout au long de son parcours scolaire?


Les vacances d'été tirent à leur fin. (Oui, oui, déjà!) Cartables, crayons et autres accessoires sont achetés, tout semble prêt pour entamer la nouvelle année scolaire. Tout, sauf peut-être… notre enfant! Pour lui, la rentrée peut être synonyme d’excitation, de nouvelles rencontres et de plaisir, mais elle peut aussi devenir une source de stress, voire d’anxiété. 

Nous avons souvent pensé que le stress était le résultat de la pression du temps ou d’une surcharge de travail. En gros, qu’il affecterait seulement les adultes actifs. Détrompons-nous! Le Centre d’études sur le stress humain (CESH) soutient que les enfants sont particulièrement vulnérables au stress, car leur cerveau est en plein développement. Dans le contexte d’une rentrée scolaire, ils feront probablement face au « CINÉ » de l’école, c’est-à-dire affronter une situation «Nouvelle» et «Imprévisible» par rapport à laquelle ils n’ont aucun «Contrôle» et qui implique une menace pour leur «Égo».

L’enfant, un peu ébranlé par cette situation, peut vivre le stress de différentes manières, selon Solène Bourque, psychoéducatrice et autrice des livres Petit loup entre à l’école (2012) et Petit loup se sent bien à l’école (2015) parus aux Éditions Midi trente. Crises de larmes durant la routine du matin, maux de ventre ou de tête, irritabilité, troubles de sommeil ou d’appétit sont quelques manifestions de ce stress, mais cela dépend de la personnalité et de la capacité d’adaptation de l’enfant. «S’il n’a jamais vécu de changements majeurs dans sa vie, il est possible que la rentrée scolaire soit plus stressante pour lui», souligne Solène Bourque. Durant l’année, «la même chose peut se vivre s’il y a des transformations à l’école, comme lorsqu’un enseignant s’absente et doit être remplacé. Idem pour un changement d’école ou de classe, par exemple passer d’une classe régulière à une classe adaptée ou l’inverse», ajoute-t-elle.


Quand faut-il s’inquiéter?

Dans le cas où ces symptômes durent plus de trois ou quatre semaines et ont des répercussions sur le quotidien, il y a peut-être lieu de se poser davantage de questions, poursuit la psychoéducatrice. Si l’enfant refuse d’aller à l’école parce qu’il a peur de l’échec, de parler devant la classe, des relations avec ses pairs ou des contacts avec son enseignante, il faudra chercher la source de son malaise. La phobie scolaire pourrait être une hypothèse, fait remarquer Solène Bourque, mais elle doit être diagnostiquée par un professionnel de la santé. Par ailleurs, l’enfant réagit peut-être à un traumatisme lié à l’intimidation ou à un incident impliquant un autre élève, par exemple. Ces symptômes sont parfois aussi le fruit de l’anxiété de séparation ou d’une peur irrationnelle. Dans tous ces cas plus préoccupants, une consultation professionnelle est indiquée.

                    

Aider l’enfant à se sentir bien à l’école

Avant d’imaginer des scénarios plus inquiétants, nous pouvons mettre notre grain de sel pour aider l’enfant à se sentir bien à l’école. «On peut le guider, le soutenir, discuter avec lui, proposer des pistes de solutions à ses difficultés, l’outiller pour qu’il puisse lui-même appliquer ces moyens à l’école», suggère Solène Bourque. «Si l’enfant vit des difficultés plus grandes, le soutien d’un intervenant de l’école, soit un psychologue, un psychoéducateur ou un éducateur spécialisé peut être d’une grande aide pour l’enfant et pour l’enseignant», ajoute-t-elle. L’essentiel, avant tout, c’est une bonne communication entre parents et enseignants. Dans son livre Petit loup se sent bien à l’école, qui s’adresse autant aux parents qu’aux enseignants, elle a créé huit mises en situation mettant en scène le personnage de Petit Loup, qui doit relever des défis au quotidien. À l’aide des ateliers et des activités proposés dans ce guide, l’enfant apprendra notamment à améliorer le contrôle de sa colère, à persévérer dans une tâche ou à résoudre un conflit.           

En attendant la rentrée, pourquoi ne pas réfléchir aux éléments qui rendent la vie scolaire plus agréable? Une atmosphère de classe calme, un contexte favorisant l’expression des émotions de l’enfant et des exercices lui permettant de se sentir compétent, confiant et capable contribueront grandement à son bien-être et feront assurément baisser la pression. Exit le stress et la peur de l’école!

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À propos de l'autrice

Solène Bourquepsychoéducatrice, autrice et enseignante, œuvre dans les domaines de l’intervention et de l’éducation depuis plus de 20 ans. Après avoir longtemps travaillé en milieu communautaire, elle enseigne maintenant en éducation spécialisée au Cégep du Vieux Montréal. En savoir plus.








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